La forêt de la Double

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La forêt de la Double est une région forestière qui s’étend au sud des départements de la Charente-Maritime, de la Dordogne jusqu’au nord de la Gironde. Délimitée par l’Isle au sud et par la Dronne au nord.

Sylva Edobola son nom d’origine ce qui signifie mange borne (EDO : Manger et BOLA : borne, limite) car elle empiète en angoumois, en Bordelais, en Périgord et en Saintonge. Les gallo-romains ont ensuite changé son nom pour « Saluts de Doblas » (hauteur boisée et cultivée).

Elle a longtemps joué le rôle de forêt frontière car au XIIème siècle, la partie de la Double située en angoumois formait un avancement vers le sud ce qui représentait la limite entre les possessions du roi de France et celles du roi d’Angleterre (provenant du mariage d’Eléonore avec Henri Plantagenêt) et forme pendant la guerre de 100 ans une frontière difficile à pénétrer.

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A partir du XVème siècle, une déforestation excessive du massif forestier se fait ressentir tant et si bien qu’au début du XIXème siècle, la Double disparaît laissant place à de vastes espaces incultes. Les sols argileux laissent l’eau stagner et croupir, la population pauvre est donc en proie aux fièvres et au paludisme. Les pouvoirs publics décident alors de faire appel à une communauté de moines trappistes issus de l’Abbaye du Port-du-Salut, en Mayenne, qui s’installe à Echourgnac afin de redonner vie au « pays des fièvres » et de permettre son peuplement et son développement. Ces moines créent de nombreux étangs et canaux pour assainir la forêt, ils ont aussi contribué à l’ouverture des routes agricoles, aux assèchements des marécages, puis au reboisement en pins maritimes, en chênes tauzins, en châtaigniers, aulnes…

Grâce à l’assainissement des marais, l’élevage a pu s’instaurer. Les moines fondèrent l'Abbaye de la Trappe d'Echourgnac, ils y ont créé une fromagerie, celle-ci collecte le lait dans les fermes avoisinantes. L’exploitation fut interrompue en 1910 lorsqu’ils quittèrent l’abbaye et treize ans plus tard, en 1923 l’abbaye d’Echourgnac fut reprise par des sœurs cisterciennes sous le nom d’Abbaye de Notre Dame de Bonne Espérance. Les moniales ont alors repris à leur compte l’élaboration de ce fromage. Cela fait du « Trappe Echourgnac » l’un des plus anciens fromages du Périgord. Dans cette abbaye, vit actuellement une communauté d’une trentaine de sœurs moniales. L’église se visite et la boutique propose bons nombres de produits élaborés par les sœurs : confitures, pâtes de fruits et des produits issus d’abbayes voisines.

Au cœur de la forêt de la Double, le visiteur peut également découvrir l’architecture typique de la Double avec la visite la Ferme du Parcot à Echourgnac, l’une des dernières maisons à ossature bois de la région construite en 1841. Le domaine fait plus de 46 hectares et appartient aujourd’hui au Conseil Général de la Dordogne. Quelques mots sur l’architecture doubleaude : Sans fondations, les maisons traditionnelles étaient faites de bois, de pierre et de torchis, un mélange de terre grasse, de paille ou de joncs où même de « palènes » qui sont de grandes herbes des bois. Les murs à pans de bois étaient confectionnés avec un assemblage de poutrelles en chêne. Les intervalles étaient garnis de taquets en bois qui retenaient un bourrage (le torchis), remplacé souvent ensuite par de la brique plate. L’ensemble était fixé sur une base en pierres taillées.

A partir du XIIIème siècle, les murs intérieurs sont crépis et badigeonnés à la chaux, à l’origine une seule étroite fenêtre donnait un peu de clarté, elle était protégée par un voilage ; ce n’est qu’au XVIIIème siècle qu’apparut le vitrage. Le sol se composait de terre battue ou était couvert de pierre plates, de carreaux de terre cuites ou de simples galets noyés dans du mortier. Pour le toit, la tuile plate remplace progressivement (vers le XVème siècle) le chaume qui se composait de seigle ou de joncs. Le toit périgourdin très pentu (70%) à 4 faces favorise l’écoulement rapide des eaux de pluie.

Jusqu’au XVIIème siècle, le logis disposait ordinairement d’une seule entrée donnant accès à une pièce unique, salle commune de 10 m² environ (la maison abritait souvent plusieurs foyers). Petit à petit, la salle commune s’est agrandie d’une chambre : cette chambre était séparée de la salle commune par une cloison, elle était destinée au maître de maison, à son épouse et aux très jeunes enfants. Les lits supplémentaires se trouvaient dans la salle commune. L’évier était engagé  dans un mur, avec un bassin peu profond mais suffisant pour recueillir les eaux usées qu’un drain évacuait vers l’extérieur.

La cheminée en pierre ou en briques toujours présente servait en priorité à cuisiner. La vie s’organisait souvent autour de la cheminée particulièrement en hiver. Le lard, les jambons ou les saucissons étaient suspendus au plafond de la salle commune, ainsi que le panier à fromage. Le grenier faisait office de séchoir : on y entreposait les céréales, l’ail, les oignons… on y accédait généralement par une trappe à l’aide d’une échelle mobile.

Le chai était un petit édifice accolé à la face nord de la grange ou du logis. Il servait à entreposer barriques ou pommes de terre.

Autres élément de l’architecture périgourdine : «  le balet ». C’est une galerie ouverte à l’influence océanique qui lui donne un climat doux et humide caractérisée comme une zone boisée. Les étangs permettent à la forêt de disposer d’une richesse floristique et faunistique importante. Elle offre aux animaux un refuge sauvage et préservé et accueille également des espèces menacées de disparition comme la tortue Cistude. Nous pouvons également y apercevoir des oiseaux migrateurs qui apprécient de s’y ressourcer et de s’y alimenter. La végétation est constituée de feuillus, de chênes, de pins maritimes, fougère…

Grâce à ses nombreux chemins balisés, elle offre à ses visiteurs et ses touristes des possibilités variées de détente, tel que : randonnées pédestres, cyclo-touristiques, équestres, mais également de loisirs avec la chasse, la pêche sans oublier les étangs de la Jemaye aménagés : un espace vaste naturel de 33 hectares, qui propose de multiples activités : baignade surveillée, en été des jeux pour enfants, observatoire d'ornithologie.

Amateur de grands espaces boisés au calme, nous vous invitions à découvrir un autre très beau lieu de visite : La Forêt du Vignoble